L'exploitation des crayères
La craie est extraite de carrières souterraines ou à ciel ouvert : les crayères. La technique d'extraction semble proche de celle du gypse mais on trouve que de rares explications. A partir de l'exemple de la carrière de craie de Louveciennes, essayons de comprendre la méthode d'exploitation.
 

 

L'exploitation se fait selon la méthode des piliers tournés, qui consiste à laisser des masses de craie régulièrement pour former des piliers de soutien. Cependant, contrairement aux carrières sous Paris, les piliers sont quasi réguliers formant de véritables colonnes. Le haut est plus large que la base et forme des ogives qui renforcent le ciel de carriére.

En parrallèle, des galeries s'organisent de façon symétrique, formant un véritable quadrillage où les intersections sont surplombées par des croisées d'ogives en plein cintre.

Les galeries font entre 3 et 15 métres de haut avec une largeur de 3 à 4 métres. L'exploitation est faite sur 2 niveaux successifs séparés par un plancher de 4 métres d'épaisseur (On peut trouver jusqu'a 5 niveaux ! ).

 

 

Galerie d'exploitation avec stockage de silex en premier plan
 

Extrait d'un plan de Louvecienne montrant la régularité des galeries (plan Yann)
Plafond formant une croisée d'ogives en plein cintre (photo Pouach)

 

 

Cette organisation symétrique des galeries s'explique par la technique d'avancée du front de taille. En effet, le front de taille est démarré par des galeries d'attaque d'environ 2m de haut. Au fur et à mesure, l'exploitation se poursuit vers le haut, répetant l'opération , donnant un front de taille par gradins droits. Chaque gradins était relié par des marches creusées à même la craie afin de permettre aux homme de monter (L'utilisation d'échelles est possible mais je pense plus onéreuse !).
Ces fronts sont visibles en l'état dans les extrémités de galeries où l'exploitation aurait dut se poursuivre.

 

front de taille en gradin
Front de taille en gradin aevc un "escalier" dans la craie

 

 

 

L'extraction de la craie au niveau du front de taille se faisait au pic, ce qui explique toutes les entailles sur les mûrs. Cet outil suffisait du fait de la fragilité de la craie et de sont utilisation en blocs et non en pierres taillées.

Traces d'entailles laissées par le pic de carrier
Pic de carrier servant à extraire de blocs de craie
Les silex noirs, inexploitables, étaient enlévés et entassés sous forme de mûrets. En certains endroits, ils ont servit à remblayer partiellement l'étage inférieur.
Le transport des blocs était effectué dans des wagonnets à bascules, sans doute à traction animale au départ ( au alentour des années 1800) puis avec des locomotives comme en témoigne les traces noires sur les mûrs vers l'entrée (au début de l'air industrielle vers 1900).
Wagonnet basculeur type "standard" Massard
Tas de silex servant de remblais pour l'étage inférieur
Louvecienne est restée en exploitation sans doute jusque dans les années 1920.