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Carrière
des Chauffours ou du Chauffour
Carrière
de Calcaire - surface d'environ 4 hectares |
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| Le
Diaporama |
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| Origine
du nom :
La
toponymie de « Chauffours » indique l'emplacement d'un four à chaux.
Cela signifierait qu'un ou plusieurs fours à chaux étaient présents
au niveau du village voisin et étaient alimentés par
le calcaire coquillé de la carrière des Chauffours.
On trouve plusieurs orthographes pour cette carrière : le
Chauffour, du Chauffour, du chaufour, des Chaufours. |
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| Histoire
de l'exploitation de la carrière :
Peu
d'informations nous sont parvenues au sujet de l'exploitation de
cette carrière. Elle aurait été exploitée dès le Moyen âge.
La technique d'extraction est basée sur la méthode des piliers tournés
irréguliers. Cependant une partie fut exploitée à ciel ouvert.
Certaines parties du ciel de carrière ont été
exploitées, créant des galeries partiellement éclairées.
Cette particularité a marqué la physionomie du lieu.
Les
traces laissées par les militaires français, lors de leur passage
au cours de la Première Guerre mondiale, rendent
le site remarquable. En effet, la carrière fut occupée de 1914 à
1917 par les poilus. Il y avait deux compagnies, dont le 72e
régiment d'infanterie tirailleurs. Cette carrière
était située à moins de 10 kilomètres du front de bataille, qui
se trouvait au nord-est sur la butte du Plémont et dans la région
de Lassigny. Néanmoins ce front était relativement calme,
et la carrière a été occupée par des régiments complètement épuisés,
de retour de Verdun ou de la Somme. Le sol de la forêt aux alentours
garde les marques des combats proches. On distingue également
les traces des tranchées partiellement rebouchées. Elles
permettaient de ravitailler le cantonnement en matériel et
nourriture en provenance du village voisin. |
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| Carrière
des chauffours servant de casernement aux militaires |
Traces de l'ancienne tranchée située aux abords de
la carrière |
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Après
guerre, la carrière fut vidée de tous les matériaux
réutilisables (moellons et madrier en bois) pour reconstruire
le village voisin. A Pâques 1969, M. Cousin
et son groupe d'éclaireurs de France,
réalisent un chantier de nettoyage du site, de 10 jours.
Ils défrichent une partie de la végétation
qui a investi les lieux. Ils entreprennent également des
fouilles et découvrent un grand nombre d'objets d'époque
qui sont alors remis à un ancien commandant du village
voisin, M. Roger Martin. Ce dernier voulait créer un petit
musée sur les Chauffours qui n'a jamais vu le jour.
L'actuel propriétaire refuse de faire classer cette carrière,
qui est aujourd'hui en train de se faire à nouveau envahir par
la végétation forestière. A cela vient s'ajouter du vandalisme,
le pillage de sculptures par des collectionneurs et l'action de
l'érosion, qui effacent progressivement les traces de l'histoire
du site. Mais cela n'empêche pas certains groupes de passionnés
de travailler à la compréhension du site.
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| Carrière
du chauffour laissée à l'abandon après guerre. |
Les éclaireurs de France en plein travail en 1969. (coll.
R. Martin) |

'5
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| Les
sculptures des poilus :
Cette carrière servait d'abris pour les soldats français.
Ils y restèrent de longues journées à attendre les ordres d'attaques
et à se reposer. Pour occuper leur temps, certains d'entre eux réalisèrent
des sculptures ou lapidaires. Elles se situent
essentiellement dans les zones où parvient la lumière naturelle.
Les thèmes abordés par ces sculptures sont essentiellement, les
femmes qui devaient manquer à ces soldats, la religion
qui leur permettait de tenir face aux horreurs des combats, et la
guerre qui était leur quotidien. Certaines sculptures
furent commandées directement par les officiers. On trouve également
des réalisations qui ne s'inscrivent pas dans ces thèmes, comme
l'énorme tête de sphinx qui surveille l'entrée. La qualité de certaines
de ces oeuvres s'explique par le fait qu'au sein de cette division
militaire, se trouvaient de véritables artistes. Suite à
un travail d'inventaire mené par Françoise Lidonne, 82 sculptures
et graffitis ont été répertoriés et cartographiés. De nombreuses
représentations humaines ont eu leur visage et leurs mains détruites.
Voici l'inventaire des sculptures (de F.
Lidonne) .
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Cadars
sculptant la tête de sphinx |
Le
sphinx de nos jours, situé à l'entrée
de la carrière. Les reliefs ont été érodés
par la pluie et le nez a été cassé.
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Cette
sculpture est sans doute la plus impressionnante du site
et symbolise le gardien des lieux. Elle est l'oeuvre du
cavalier à pied de la classe 14, dénommé
Cadars. Il arrive au Chauffour à
l'automne 1915, avec le détachement du 6ème
dragon (groupe léger de la première division
de cavalerie). Cadars est un étudiant
de l'école des Beaux-Arts de Bordeaux.
Il est appelé sous le drapeau dès août
1914. Il est âgé de 19 ans lorsqu'il arrive
au Chauffour. C'est aussi l'auteur d'une très belle
sculpture de cavalier qui représente sans doute un
cuirassier officier ayant occupé la carrière
en 1915.
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Cadars
posant devant la sculpture en 1915. |
La
sculpture sans doute vers 1917.(coll. R. Martin) |
La
sculpture de nos jours dont le visage et les mains du cavalier
ont été détruites |
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M.
Leclabart posant devant son travail inachevé et entouré
de son échafaudage. (coll. E. Leclabart) |
La
sculpture lorsqu'elle était encore intacte. (coll.
E. Leclabart) |
Aujourd'hui
la sculpture est marquée par la pluie et le vandalisme
répété. |
La
carrière abrite également
une magnifique représentation de Jeanne d'arc
reconnaissable à son armure, son glaive et la croix
de Lorraine située en dessous. Initialement un message
était gravé en dessous "Nous les
chasserons hors de France". Malheureusement ce
dernier, la croix de Lorraine, le blason et le visage de
Jeanne d'arc ont été vandalisés. Cette
oeuvre a été réalisée par
Henri Louis Leclabart arrivé au Chauffour
en 1916. Il est alors âgé de 40 ans. C'était
un sculpteur originaire d'Amiens.
Il était caporal dans 12ème R.I.T - 1er bataillon
- service médical.tt
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Ce
sculpteur a également réalisé une fontaine
imaginaire ornée d'un bacchus grimaçant.
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| M.
Leclabart devant la fontaine en cours de réalisation
en 1916. (coll. E. Leclabart) |
Aujourd'hui
la fontaine est également endommagée. |
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Femme
dans un médaillon sculptée en 1916 par Bucher, Légionnaire
de la 5ème Cie. |
Les
Parisiennes avec l'épitaphe : "zut, voilà qu'il
pleut" signé de Charnais. |
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| Le
quartier des officiers :
La
carrière hébergeait aussi des officiers et sous-officiers.
Ils se firent construire des appartements. La présence
d'un quartier d'officiers dans la carrière montre que le site était
calme. Au début de l'année 1915, la compagnie du 72e R.I.T.
commence à aménager la carrière. Ces logements furent réalisés
en pierres de tailles soigneusement appareillées au niveau des fenêtres
et des portes. Ils étaient organisés sur deux niveaux.
Des escaliers, des planchés et des balcons en bois furent
aménagés. Les formes des fronts de tailles ont été
utilisées à la manière des maisons troglodytes. Les chambres étaient
aménagées de façon cossue avec des meubles « récupérés » dans les
villages avoisinants.
Ces
logements hébergeaient également le poste de commandement
(sans doute équipé de courant), une infirmerie permettant
de dispenser les premiers soins, la salle de répétition
de l'orchestre, les cuisines et le poste de télécommunication.
Les simples soldats étaient installés
de façon beaucoup plus sommaire sur des paillasses
de jonc à même le sol et devaient accrocher
leur nourriture par des fils de fer au plafond, pour éviter
qu'elle soit dévorée par les rats. |

Restes de logements d'officiers au sud de la cour |
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Photo
montrant des logements d'officiers dans une autre carrière
de l'Aisne |
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Après
la guerre, les habitants du village voisin vinrent récupérer
un maximum de matériaux, notamment les pierres de tailles
et les boiseries. Aujourd'hui, on peut voir les ruines de ce quartier
des officiers situées autour d'une cour centrale. À
l'intérieur des logements, on trouve des étagères et des cheminées
creusées dans la masse. Les conduits d'évacuation de la fumée
des cheminées sont creusés à même la roche et fermés par des plaques
de tôle. Notons la présence d'un bel escalier taillé dans
la masse. |
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Plan
de la cour intérieur avec les logements des officiers situés
tout autour (Plan réalisé par F.
Lidonne) |
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| Restes
de logements d'officiers au sud de la cour -- ancienne cheminée
d'une chambre |
Photo
montrant des logements d'officiers dans une autre carrière
de l'Aisne |
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Les
autres aménagements de la carrière :
Cette
cours centrale était balayée
régulièrement, car elle hébergeait de nombreuses
activités. Un terre-plein, dont les restes sont encore
visibles, servait de place pour le levé de drapeau,
le théâtre en plein air, et de lieu
pour la remise de citations et de décorations diverses.
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Cours
centrale avec la plateforme à gauche. |
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| Depuis
cette cours, un escalier en bois étayé
de pierres de tailles permettait de rejoindre la forêt située au dessus
du ciel de carrière. Les plus hauts hêtres avaient été
aménagés avec des plateformes, afin de servir de tours
d'observations. Le plus haut était muni d'une échelle
à 120 échelons et permettait de voir arriver l'ennemi.
Ces arbres furent repérés par l'ennemi et détruit
au cours de la guerre. |
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Aujourd'hui, il ne subsiste que les encoches dans la pierre, qui
permettaient d'emboîter les marches en bois de l'escalier. Dans
la partie du haut, les marches sont taillées directement dans la
pierre et sont donc encore visibles. |
title="chauffours carriere " alt="carriere chauffours"
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| L'escalier
au moment de la première guerre mondiale |
L'escalier
avec ses marches en bois et son assise en pierres de tailles.(coll.
R. Martin) |
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title="chauffours carriere " alt="carriere chauffours"
| Les
quelques traces subsistantes de cet escalier. |
Le
fameux hêtre équipé de son échelle et
d'une plate-forme (coll. R. Martin) |
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On peut noter également la présence de curieux « sillons »
situés uniquement en haut des fronts de tailles à ciel ouvert. À
mon avis, ces marques ne sont nullement liées à l'extraction de
la pierre, mais seraient contemporaines de l'occupation militaire.
Je pense que ces sillons permettaient d'encastrer des branches afin
d'aménager un toit servant d'abrit et de camouflage. La photo
ci-dessous, dont la localisation reste inconnue, illustre cette
hypothèse et pourrait être au Chauffour ! |
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Carrière
non identifiée où l'on voit le système de toiture
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Sillon
bien visible en haut des parois dans la carrière des Chauffours |
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| Au
niveau de l'entrée principale de la carrière se trouve
un lavabo, indiqué par un graffiti. Il était alimenté
par deux réservoirs d'eau en béton et actuellement vides.
Visiblement, ce lavabo était destiné à tous les militaires et servait
sans doute aussi pour l'eau de boisson. Cependant cette réserve
d'eau ne suffisait pas aux besoins des soldats, qui devaient aller
en puiser à la source de "la fontaine aux loups".
Les allemands venaient également y prendre de l'eau et sur
les lieux un silence absoluétait respecté. |
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Organisation
des deux résevoirs d'eau |
Le
lavabo avec la rigole, qui amenait l'eau en provenance des réservoirs |
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Une
chapelle souterraine
a été aménagée afin de prononcer la messe et les obsèques des
hommes morts au front. La messe était officiée tous
les dimanches par le père Bargeon. Aumônier militaire,
il venait également aux Chauffours pour réconforter les
soldats. Cette chapelle abrite un autel surmonté de deux
petites niches qui devaient abriter des statuettes de Saints.
À gauche de l'autel, un reposoir servait de support à une
statue aujourd'hui disparue ! Ce type d'autel souterrain n'est
pas unique en Picardie et servait également à célébrer les fêtes
religieuses, comme Noël ou Pâques. À coté de l'autel se trouve
un tableau avec les soldats tués aux champs d'honneur.
Certains
d'entres eux furent enterrés dans un petit cimetière
temporaire situé au Chauffour. Malheureusement
il ne reste quasiment rien de ce lieu. Après la guerre
un certain nombre de morts furent transférés dans
d'autres cimetières militaires. Les quelques stèles
gravées qui restèrent sur place furent pillées
au cours des années 90, par des collectionneurs.
Malgré
la proximité de la ligne de front, il n'y eu qu'une seule attaque
frontale dirigée sur les chauffours. La carrière
fut donc un lieu de repos pour les soldats revenant du front.
Une infirmerie permettait d'y prodiguer les premiers soins. Par
contre, le fait que la carrière ait servit d'hôpital
de campagne reste incertain.
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| Autel
de la carrière des Chauffours. |
Plaques
gravées avec les noms des soldats morts au "Champ d'Honneur" |
Ces
informations s'appuient en partie sur le travail de M. Ramond
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