Carrière du "PC de l'OTAN"

Carrière de Calcaire

Surface d'environ 40 hectares

 
Le Diaporama
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Origine du nom :

Cette carrière abritait un PC souterrain de l'OTAN pendant la période de la guerre froide, entre 1952 et 1967.

 

Histoire de l'OTAN et de son PC souterrain :

Suite à la seconde guerre mondiale, la France intègre les forces de l'OTAN, organisation militaire de l'Alliance atlantique, qui regroupe les pays occidentaux. L'objectif est de faire face à la menace du bloc communiste de l'Est mené par l'URSS. C'est l'entrée dans la guerre froide.

Le haut commandement européen de l'OTAN, appelé SHAPE (Supreme Headquarters Allied Powers Europe) et dirigé par le général d'Eisenhower, s'installe en 1951 à Louveciennes à la place de Bull et à Marly-le-Roi. En parallèle, fut crèe le camp militaire des loges dans la forêt de Saint-Germain-en-Laye. Des logements furent construits dans Saint-Germain-en laye et correspondent à l'actuel "Village d'Hennemont" où logent toujours un certains nombre de militaires. Leurs enfants fréquentaient "le lycée du Shape" devenu aujourd'hui le lycée international.

Pour compléter leur dispositif militaire de surface, le Shape décida d'installer en 1952 une base souterraine dans les anciennes carrières situées sous la forêt de Saint-Germain-en-Laye. L'objectif était de pourvoir y installer en autonomie complète environ mille militaires. La base fut équipée d'installations radio très puissantes pour l'époque afin de pouvoir remplir le rôle de centre d'écoute et de poste de commandement des installations de surfaces.


Ancienne école de l'OTAN en 1965, actuel lycée interational (Photo Shape)
Militaires dans le PC de l'OTAN (reconstitution)

 

Remarque: Cette carrière fut occupée antérieurement par l'armée allemande lors de la première guerre mondiale. Ils aménagèrent également quelques murs en maçonnerie massive.

Finalement, lorsque la France quitte l'OTAN le 10 mars 1967, les forces armées du Shape se retirent de leur quartier général de Marly-le-Roi pour Bruxelles, abandonnant par la même occasion le PC souterrain. Il fut cédé à l'armée française qui n'en avait pas une réelle utilité. Aujourd'hui, la base est obsolète au vu des armes actuelles et les installations intérieurs sont dans un état de décomposition avancée.

La carrière a finalement était rachetée par un militaire à la retraite qui souhaitait y placer un serveur informatique ! Finallement, après s'être rendu compte que c'était trop humide, il loue le site à une association militaire qui y entrepose des véhicules militaires.


Militaires dans le PC de l'OTAN au niveau du cavage principal (reconstitution)

Départ du Shape de la base de Saint-Germain-en-Laye en 1967 (photo ENA)

 

 

Les aménagements de l'ancienne carrière :

En 1956, lors des travaux d'aménagements en carrière de la base de l'OTAN, l'extraction de la pierre s'était arrêtée il y a bien longtemps. Par contre les champignonnistes occupaient l'endroit. Ils restèrent en place uniquement dans la partie Est de la carrière, qui est reliée à la base de l'OTAN via un perçage qui a été réalisé en 1898 par les carriers. Cette galerie de communication fut condamnée par les militaires afin de sécuriser la zone.

 

 Cavage de l'entrée de l'ancienne champignonnière qui occupait la carrière.
Cavage principal du site de l'OTAN, à l'époque des champignonnières.
Les aménagements s'organisent le long d'une galerie de roulage principale, dont le sol a été goudronné afin de pourvoir se déplacer avec des véhicules lourds, type chars. Le ciel de carrière de cet axe a été consolidé via du boulonnage au niveau du plafond. Cette voie d'une longueur d'environ 3 km est connectée à un cavage fermé par une lourde porte blindée et se prolonge jusqu'au fond de la carrière.
Galerie de roulage principale qui est goudronnée pour les chars.
"Caisson" aménagé par l'OTAN le long de l'axe principal.
 
Au fond, un escalier en béton monumental, d'environ 20 m de haut, a été édifié afin de pourvoir rejoindre un bunker de surface situé dans la forêt de Saint-Germain. Ce bunker équipé d'une mitrailleuse lourde servait de poste surveillance mais également de sortie de secoure. Actuellement, il est toujours visible mais la sortie de secours aménagée en pente douce avec des escaliers a été condamnée.
Militaires dans l'escalier béton (reconstitution)
L'escalier béton d'un hauteur de 20 m.
 

De chaque coté de l'axe principal, ont été aménagé des "préfabriqués" dont les cloisons s'appuient sur les piliers tournés réguliers de la carrière. Un fléchage, dont il reste de nombreuses traces, permettait aux militaires de s'orienter dans ces galeries très régulières. L'ensemble forme une véritable petite ville souterraine qui fut utilisée par l'OTAN, mais pas en vase clos comme il aurait été potentiellement prévu. Les vestiges actuels permettent d'identifier plusieurs zones ayant des fonctions différentes :

- Des aires de parking pour les véhicules blindés, dont les cuves de fuel sont situées plus loin

- La zone de communication radio où les murs sont insonorisés

- Un incinérateur identifiable par le nom inscrit en anglais sur la porte et la noirceur des murs.

- Les latrines dont une zone équipées de WC chimique toujours en place.

- Les anciennes cuisines dont les hottes d'aération sont encore visibles.

- Plusieurs zones de bureaux qui étaient en communication entre eux via un système de circuit pneumatique.

Anciennes cuisines où l'on peut voir les restes des anciennes hottes.
Ancien système de communication via tuyaux sous-vide
 
Anciens WC chimiques
Anciennes cuves de fioul.
 
Signalons enfin la présence de "murs anti-souffles" au niveau des axes proches des sorties (cavage et bunker) prévues pour absorber les ondes de déflagration des bombes. D'autre part, au niveau du bunker de la forêt, deux portes antiatomiques isolaient la base souterraine de la surface.

 

Mur alvéolaire anti-déflagration.
Porte antiatomique du bunker.