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Organisation
des "caves" de champignons
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Lorsqu'une
carrière était reconvertie en champignonnière,
elle était alors compartimentée
en "chambres de culture"
ou caves.
L'objectif était de pouvoir maintenir une température
constante d'environ 12°C et de réguler le taux d'humidité
selon les besoins. Cette reconversion avait lieu après l'arrêt
de l'exploitation de la pierre ou en parallèle, dans les secteurs
où l'on ne tirait plus la pierre.
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Cloisonnement en "chambres
de culture":
Les
champignonnistes ont cloisonnés les chambres de culture avec
diverses matériaux suivant les époques. Au début
des champignonnières, ils construisaient des murs
en pierres sèches, à la manière
des hagues d'exploitation. Ces cloisons de pierres ont laissé
la place, plus tard, à des cloisons de plaques
de plâtre, dont l'édification était
moins fastidieuse. Enfin, avec l'ère du plastique, les cloisons
ont été réduites à de simples films plastiques.
Ces derniers sont très facilement déplacés selon
les besoins.
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Chambre de culture limitée par des mûrs
de pierres, à Méry-sur-Oise
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Reste de cloison plastique, à Herblay
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Cloison en plâtre à Marly-le-roi
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Gestion de la cave :
Chaque
cave était gérée par un ou plusieurs ouvriers selon
sa taille. Ils étaient chargés du suivit de la culture,
de la régulation de la température et de l'humidité
et de la récolte des champignons. Les récoltes en "paniers
de champignons", de la cave, étaient comptabilisées
sous forme d'un tableau de
récolte. Il était écrit sur un
pilier à même le calcaire. Il comportait : l'année,
les mois de récolte et le noms du ou des cueilleurs. Par la suite,
cette pratique disparut au profit de tableau papier.
Parfois,
les caves recevaient un nom
spécifique (Venise, comète...) ou un simple
numéro. Près de cet intitulé on marquait la date
de "lardage", c'est à dire d'ensemencement, sachant
que la récolte durait ensuite 3 mois consécutifs.
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"Cave N°1" lardée le 24
décembre 1953, à la Savonnière en Perthois
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Noms de champignonnières, à
Méry-sur-Oise
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Tableau de comptage de paniers datant du 1er mai
1951, à Méry
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Régulation de
l'humidité :
L'humidité
des caves devait être surveillées en permanence. En effet,
les besoins en humidité des champignons sont importants, mais
également varient selon les étapes de leur cycle de développement.
Tout l'art du champignonniste est de savoir estimer les besoins en humidité des champignons
de la cave, simplement en touchant le substrat de culture !
Ensuite,
ce dernier réajuste l'humidité,
soit en :
-
augmentant l'humidité, via des arrosages effectués
à l'aide d'arrosoirs à pomme très
fines. A l'époque de la culture en meule, on arrosait le sol
("mouiller en sentier") ou les meules ("mouiller en
panne"). On trouve souvent des restes d'arrosoirs, mais également
des citernes de stockage
d'eau. En général, les champignonnistes récupéraient
l'eau d'infiltration des failles de la roche, en la
canalisant dans ces citernes.
-
abaissant le taux d'humidité grâce à une
ventilation. Cette ventilation se faisait par de simples trous, à
ouverture modulable, dans les cloisons. Par la suite, ils furent équipés
des ventilateurs électriques. L'aération globale de
la carrière était assurée par des puits
d'aération communicant avec la surface. Ces
puits étaient creusés spécifiquement ou correspondaient
à une réutilisation d'anciens puits d'extraction. Le
plus souvent, ils sont rehaussés en surface par des cheminés
en pierres sèches qui se voient de loin dans les champs.
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Fût en métal recouvert de calcite
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Réservoir métallique de collecte d'eau
(Méry)
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Ancien ventilateur (Carrières-sur-Seine)
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Partie extérieure d'une cheminée
d'aération (Carrières-sur-Seine)
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Régulation de la
température :
Il fallait
également réguler la température. Contrairement
à l'humidité, il fallait plutôt la maintenir
constante au alentour de 12°C. Un réchauffement
était rare, mais pouvait survenir en début de culture,
lors de la fermentation du compost. Il suffisait alors de ventiler
pour la faire chuter. Cependant, la majorité du temps il
fallait plutôt réchauffer la cave, même si
les pertes de chaleurs étaient limitées par les
cloisons.
Rapidement,
les champignonnistes ont mis en place des
chaudières destinées à réguler
la température de plusieurs champignonnières à
la fois. La chaleur était diffusée soit par des
conduites d'air chaud, soit par des radiateurs fixés sur
les parois calcaires. Les chaudières se sont modernisées
progressivement et ont gagnées en puissance. Le mode d'énergie
évolua également passant du bois, au charbon et
enfin au pétrole ou à l'électricité.
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Chaudière à pétrole
(Carrières)
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Chaudière à charbon
(Carrières)
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Chaudière à air (Méry)
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Radiateurs à eau (Méry)
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Etat sanitaire de la cave :
L'Agaric
doit être protégé des champignons pouvant
le parasiter et de ceux qui entrent en compétition avec
lui pour le compost.
Les
murs des chambres de cultures étaient régulièrement
badigeonnés de chaux. La
chaux permettait d'éviter le développement de maladies
(le plus souvent des champignons parasites) risquant de s'attaquer
aux cultures de champignons. La chaux fut le plus souvent déposée
au pinceau, mais dans les champignonnières modernes, on
la projette à l'aide d'une machine. Celà forme un
véritable crépi qui recouvre intégralement
toutes les cloisons des chambres de cultures.
D'autre
part, entre chaque cycle de culture de 3 mois, la cave est complètement
vidée, chaulée et les supports de cultures (comme
les cagettes) sont désinfectés dans des bains de
formol. Dans les exploitations
modernes, on traite également la cave à l'aide d'un
fongicide, qui détruit les éventuels spores de champignons
parasites.
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Murs entièrement chaulés de
façon mécanique (Carrières)
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Cagette attaquée par des champignons saprophytes
(Carrières)
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